#JeSuisAravena

De tous les architectes du monde, le plus charrette en ce moment, est Alejandro Aravena ; Commissariat de la Biennale à Venise reportant du front et maintenant sous les feux des projecteurs de son Pritzker 2016, il n’a plus droit à l’erreur.

Erreur inexistant au vu de son parcours professionnel, mais que des trop nombreux détracteurs en France, s’obstinent a vouloir trouver.

Quand la meute aboie, c’est signal qu’on avance, disait Le Quichotte. Avec des critiques dans la presse spécialisé d’architecture et des commentaires médisants et quasi violents, il n’y a plus aucun doute :En France, la meute a faim.

Et la presse spécialisée la plus sérieuse, n’a apparemment pas d’autre sujet national plus cocorico!, pour faire face à la notoriété internationale du chilien, jusqu’à là ignorée de la France et détourner l’attention sur sa fulgurante succès-story.

Car Aravena, n’a jusqu’à là pas choisit la France comme terrain de jeu ; un peu comme David Bowie et Bon Jovi et les touristes Russes.

Et la presse architecturale française entend bien le lui rappeler.

Le plus incroyable, de l’affaire (car ils en font une), est qu’on sent presque une pensée journalistique empreinte de notes de colonialisme reptilien.
Est-ce que ses détracteurs, qui profitent s’une bonne présence dans le public architectural et dont Aravena et les Pritzkers ignorent l’existence, voudraient en quelque sorte attirer l’attention du lauréat? Voire même lui exiger des comptes? des explications? A quel titre? de quel droit? En somme: Pour qui se prennent-ils?!

Le 13 janvier j’attendais les yeux rivés sur la trotteuse digitale de mon ordinateur, que la Fondation Pritzker annonce son gagnant 2016 à 10 heures pétantes.

Pas à dix heures du matin en France. Je m’étais trompée, par appropriation culturelle, pensant que la France est le nombril du monde et que cette heure aurait été calculée en conséquence. Et vu que je suis un enfant de troisième culture, qui doit souvent naviguer entre les créneaux horaires d’outre Atlantique…

Ainsi, j’ai passé toute la journée en attendant devant et à 15 heures pétantes, la nouvelle est arrivé : Alejandro Aravena, créateur d’Elemental, l’avait emporté !

J’étais donc, triplement contente: un JEUNE, CHILIEN et l’un de mes ARCHITECTES préférés venait de remporter le prix!

Que de joie, enfin j’allais pouvoir faire comprendre à mes futurs clients, preuve médiatique à l’appui, que le Chili est un beau pays plein de gens talentueux, développé, à l’urbanisme et production architecturale réglementés et soignés, qui s’est sorti de la dictature comme aucun autre pays sous dictature a été capable de le faire : Par l’effort d’un peuple volontaire et extrêmement talentueux qui a su mettre leurs différences de côté pour construire un meilleur avenir…

Des larmes, de soulagement ont faillit couler sur mes joues, quand j’ai pensé ce que diraient maintenant des chiliens, ces gens à mon ancien boulot qui me chargeaient la main côté production en me demandant si un métré de tout un hôtel était possible pour le lendemain, sujet pris connaissance à 22 hrs du soir pour 9 heures du matin le lendemain pour aller piocher un possible franchisé avec cette phrase: Hassan CéHef : sipoussible ! Ce qu’en général ils disaient car j’étais capable de charretter jusqu’à pas d’heure pour que le boulot soit fait et ils attribuaient mon professionnalisme au fait que j’étais étrangère. Parce qu’un étranger ne peut pas tout simplement faire bien les choses par passion et compétence, mais par mystère, acharnement et tricherie.

Voilà que je me considérais citoyenne du monde et surtout de la patrie des architectes et que ces fichtre de collègues, au racisme corporate toléré venaient de me rappeler que pour eux, je n’était qu’une étrangère qui supportait bien et avec efficacité, une charge de travail considérable.

Et voilà qu’Aravena était susceptible de me rendre par ricoché , à moi et à tous les architectes chiliens présents sur le territoire français, une crédibilité professionnelle accrue, qu’on avait pas connue depuis Borja Huidobro (sisi, celui qui a construit le Ministère de Finances avec Paul Chémétov, mais vous sortez d’où ?)

J’irais jusqu’à affirmer même qu’il n’y a pas un seul cabinet en France qui n’ait pas gardé un bon souvenir du professionnalisme d’un compatriote architecte chilien en exil forcé ou choisi. Parce-que l’on me l’a dit.

Et voilà qu’avec surprise et effroi, à côté des post me félicitant pour le Chili à l’honneur, je découvrais le bashing spontané le plus grotesque. Au début j’ai voulu en rire…ça m’a tout de suite fait penser à Asterix. C’était si caricatural. J’ai même été (je n’y peut rien, c’est des choses qui vous traversent l’esprit), jusqu’à penser aux détracteurs d’Obama, qui voulaient lui prêter des accointances avec Ben Laden et lui demandaient son acte de naissance…

Je me disais même qu’avant il y avait les pour et les contre Charlie et que maintenant, on dirait qu’il y a les plus et les contre Chili.

Car c’est bien presque toute la communauté architecturale de France qui s’est mise à crier à l’imposture !

(Les autres, les pro-Aravena, je crois que je les connais presque tous es se comptent sur le bout des doigts).

Bien évidement, nous, architectes chiliens et qui connaissons son travail, on a notre mot à dire, mais on n’accepte encore une fois, que des français à la rescousse. Notre avis n’est nullement relayé, il est aussi démérité et dénigré. L’effet boule de neige et une conjuration qui ferait pâlir John Kennedy Toole..

Et voilà qu’en plus, tout d’un coup tout le monde qui croit avoir une plume (et pas là ou vous pensez), s’est saisit du sujet! Un sujet qu’ils connaissent de toute évidence, si mal!

Je me suis dit, Ha-làlà, ils sont bornés les bigres…Pour ça, en France, il y a des champions toutes disciplines confondues, je ne sais pas pourquoi. Fierté ? Démagogie ?

Pour faire semblant qu’on maîtrise un sujet, alors qu’on n’en sait rien, d’un côté et la capacité de faire la sourde oreille pour les followers, car secrètement on valide, mais on a pas envie de s’afficher. Les haineux allaient donc hair.

D’autres subissent l’ignorance du supposé expert et ont trop honte de crier qu’on se fait avoir et qu’on le sait

Encore une histoire de fierté stérile car alimentée par du vide.

Aravena critiqué par son financement par COPEC ? Connaissent-ils seulement l’histoire de la COPEC ? Pas vraiment.

Ça se voit que la plupart ne sont pas des architectes qui travaillent à l’international, hors espace européen.

Car ailleurs, l’architecte peut même investir de sa poche et faire agent immobilier de sa construction. On a pas tous une loi MOP et 77 et ça empêche pas le monde de tourner. Bien qu’évidemment, je préfère la législation française en la matière, mais bizarrement, il paraît que ce n’est pas ça qui attire les investisseurs pour faire construire des gros sièges étincelants en France qui pourraient financer plus de crèches par retombée économique et impôts d’entreprise…

Allez leur rappeler que sous Chirac on a crée les bureaux d’études pour contrôler pas mal de drôles de dérives des Trente Glorieuses… Vous savez très bien pourquoi et à cause de quoi, elles ont été glorieuses, ces années…

COPEC veut juste dire Compagnie de trole du Chili et du pétrole national, il n’y en a pas en France, en grande quantité, pour qu’on s’en soucie à l’international, Non ?

Pour avoir du pétrole, il aurait fallu, par exemple que la France contrôle le pays porte d’entrée qu’est la Syrie, pays créé par la France et la Grande Bretagne en 1946, vous savez, là ou la France a envoyé des troupes récemment… Ou qu’elle veuille contrôler le gaz du gazoduc entre le Brésil et le Pérou, qui doit passer par la Bolivie et le Venezuela, vous savez, là ou sa chauffe un peu en ce moment, politiquement …

Mais en France, en échange, il y a du nucléaire. Et EDF-GRDF. Pardon, ENGIE.

Et je me demande bien qui refuserait de faire une expo sur son agence aux frais de la Fondation EDF ou retournerait un prix ou commande de GDF-Suez.

Si seulement vous vous y connaissiez autant en archi qu’en ingénierie comme les architectes diplôme bi-cursus chiliens, ou que vous vous appeliez Calatrava, ça vous arrivera peut-être souvent et personne n’y verait du feu

Quand vous vous appelez Aravena…

Au Chili, la formation de l’architecte est mille fois plus chère, rude et sélective qu’en France.

Déjà pour étudier, il faut être l’un des meilleurs à la base et passer une épreuve d’aptitude académique dont les points vous permettent de choisir ce que vous allez devenir. Pendant les études d’architecture, l’ingénierie, le calcul de matériaux et surtout, le parasismique, sont des UV obligatoires.

Pas étonnant qu’à la sortie, nos ressortissants et Expats chiliens soient des excellents professionnels.

Et la prochaine vague de privatisations, les marchés de construction engendrés, de l’ouverture du capital des agences d’architecture, de la capitalisation du public en France, on en parle ?

Et si malheureusement, c’était ça la tendance mondiale et qu’Aravena n’en était que le représentant?

On pourrait dire qu’il est en quelque sorte, un Robin des Bois qui prend aux multinationales pour construire pour les mal logés. Ce serait bien trop réducteur et cliché, car Aravena est juste bon. Et vivant. Un architecte bon et vivant sont deux des conditions requises pour emporter le prix.

Et avant ça, depuis 1992 et l’obtention de son diplôme, il en a fait des choses.

Depuis 2009 et jusqu’en 2015 avec un prix in extremis à Frei Otto , Aravena a fait partie du jury du Pritzker. Et avant ça ? Un chaire à Harvard et un siège à la RIBA, Lion d’argent à Venise, médaille Eric Schelling, finaliste du prix Mies Van der Rohe, Lauréat prix de Développement durable global, Exposant de la Biennale de São Paulo, au MOMA, avec des réalisations bien tangibles et visibles et des œuvres novatrices, percutantes, nécessaires et bien réelles, en faveur du développement durable et de solutions au mal logement.

Mais la question est, pendant que tout cela avait lieu…

Vous étiez ou, vous, chers confrères français ? Qu’aviez vous accompli à son age ?

Avez vous du mal à retenir un nom ou un pays, quand il y a pas le mot « France » associé dedans ?

Souffrez vous d’un manque d’attention chronique, ou d’autisme, en ce qui concerne l’actualité architecturale internationale ?

Il y a une cure pour ça, ça s’appelle: un passeport, l’avion et l’apprentissage des langues.

Faites gagner le prix ARVHA, inconnu de la plupart des architectes car récent et féminin, à une marseillaise, et tout d’un coup ça devient un exploit digne de chanter la Marseillaise debout.

Donnez le Pritzker à un jeune et charismatique architecte latino-américain qui pourrait aussi faire des pubs pour Pétrole-Hahn (TM) et là c’est SCANDALE. Cet article ne comporte volontairement pas d’images, car on ne va pas l’adorer parce-qu’il est canon. Un peu quand-même. Bref, Google est votre ami et pour la presse française d’architecture, ça l’est un peu trop. Pas un seul article ne fait autre chose qu’énumérer ce qu’ils trouvent sur le net, personne a jamais été visiter un seul de ses projets, ni en a eu connaissance, autrement que depuis que Google News associe Aravena et Architecture.

Si Bjarke Ingels l’avait emporté, je ne suis pas sure que les passions se déchaîneraient autant, les critiques seraient mesurées et on irait vite parler d’Europa City, car ça se passe, en FRANCE. Et BIG is BIG et Européen.

Pourtant, je pense que 70% de mes posts élogieux les concernent tous les deux depuis des années.

Dans cet article, on demande d’arrêter le Hadid-Hating: Elle vient de gagner la médaille d’or de RIBA et les critiques superent en nombre les félicitations. Pourquoi? N’ayons pas peur de le dire: Zaha Hadid l’a fait, elle a déclare:

An architect from a different background would not be treated this way…

Un architecte d’un autre milieu,(entendez, origines) n’aurait pas subit le même traitement. Et c’est bien LA, le problème.

je n’ai vu personne se plaindre pour Glenn Murcutt , Peter Zumthor ni Wang Shu… Seriez vous capable de me nommer ne serait-ce qu’une œuvre emblématique et sa situation géographique de ces trois derniers ? Et ouiiii ! Google est encore une fois votre amiii ! Courrez taper, pour vous informer en base net et oublier cinq minutes aprèeees !

Est-ce que ceux qui le critiquent ne font que profiter de l’ignorance générale en France et se croient protégés pour le critiquer, car Français écrivant en français sur des sujets français?

A quoi est due cette autarcie et ce besoin récalcitrant de dédaigner pour régner sur une planète archi Pritzkerizée, qui compte 12 américains, ( Amériques, Nord et Sud…),17 européens (dont QUE deux Frenchies), six japonais, un chinois, un australien et UNE anglo-iraquienne ?

Ce ne serait pas tout simplement du racisme et de la xénophobie ? Le cri d’une France en crise et en mal de brevets ? Une recherche d’attention autrement que par les « événements » ?

Quand on s’étonne de mes compétences, de mes prix, de mes intérêts divers et de mes talents, j’ai l’impression qu’au sens figuré, mes collègues français me regardent comme si j’étais un ouistiti sauvageon qui mimait les êtres humains archis à la perfection et que j’étais surprenante de mimétisme. Est-ce si difficile, au 21ème siècle, de comprendre qu’en technologie, en savoir faire, en culture et en talent, le Chili est aussi, à la pointe, que c’est un pays qui ne survit pas de sa renommée et des anciennes gloires et qui a tout pour exceller dans tous les domaines?

Certains architectes français, dotés d’une plume et d’un blog, croyant dominer l’espace média architectural, seraient donc des vieux bébés qui nous taperaient un gros caprice ?

Et si au final, le seul sujet qui mérite réellement qu’on en parle, concernant le Pritzker…

C’est qu’il n’y a QUE DEUX FEMMES qui l’ont emporté?

(Poke Martha Thorne et la pétition pour l’attribution d’un prix à Denise Scott Brown)

Car franchement, demandez autour de vous, autre que nous, le grand public se fout royalement de nos prix d’initiés. Je ne peux moi même jamais dire « Pritzker » sans y apposer « Le Nobel de l’Architecture » et devinez quoi, le Nobel, ça se passe en Suède, le siège du Nobel a été construit par Sir David Alan Chipperfield, un Anglais et non pas un français et la Suède a été le pays communiste a accueillir le plus grand nombre de chiliens sous dictature. Pas la France. Encore une fois, à la traîne là dessus.

David Chipperfield, étant juste de l’autre côté de la Manche, ça en est une autre paire.
Dans cet article, ça fait un moment qu’on a compris qu’il fait l’objet d’un favoritisme français, car plus de buzz en Europe.

Complot d’Ikea pur pouvoir avoir la main mise sur du bois précieux chilien ?

Eh bien non. ça serait du complotisme.

Est-ce que l’architecture fait partie des disciplines qui gagnent un Nobel ? Non-plus.

Surtout réveillez vous les gars, Pritzker, ce n’est que 100 000 dollars, pas un million !

A-peu près de quoi vous acheter un petit studio en banlieue parisienne, en euro.
Et la reconnaissance, surtout, à l’international ailleurs qu’en France…
Mais êtes vous prêts à en faire usage, de ce cosmopolitisme, quand vous ne supportez même pas qu’un architecte qui travaille partout sauf en France gagne le Pritzker?

Avouez le :On supporte mal le succès du ressortissant d’un pays en développement, contre la pile de gens, que le who’s-who d’une presse au public spécialisé et réduit, croit plus méritoires.

Mais on ne vous a rien demandé ! Le Pritzker est un prix d’origine A-mé-ri-caine.

Jay et Cindy Pritzker croyaient qu’un prix médiatisé d’architecture, aiderait à ce que le grand public ait une plus grande conscience des architectes et du cadre bâtit. Et à ce que les architectes soient plus créatifs.

Et Aravena est créatif avec moins de moyens que ses pairs, sisi, même avec la COPEC en investisseur. Alors il est ou le problème ? On récompense la cré-a-tivi-té, pas le nombre de maîtrises d’ouvrage à plus de 15 millions d’euro avec des PPP et des foncières privés aux fonds chiffrables en pétrodollars ! Par ailleurs, la famille Pritzker est la fondatrice de la fondation Hyatt, chaîne hôtelière… Américaine. De Chicago. Pas Française.

Bref, tout ce remue méninge est un non débat.

Au plus, ce n’est qu’un étalage navrant de commentaires grotesques et mal informés.

J’aurais autant préféré que la France le boude, ce prix, comme elle fait avec tout ce que les français connaissent mal (l’anglais, les hot-dogs, le Bikram-Yoga…) mais comme il y a 15 lauréats européens, la Frrrraaance veut rester dans la course et lapider ceux qu’elle ne considère pas comme des « dignes » prétendants au titre ! Qui a dit que la France avait un droit de veto et d’avis, SUR UN PRIX AMERICAIN OCTROYE EN AMERIQUE, DE LA FAMILLE HYATT ?

Je sais, L’équerre d’argent fait pas autant envie dans le reste du monde…

Normal ! Regardez ce qu’il faut traverser et pas entendre pour exercer et exister dans la création architecturale quand on est étranger !!! Et je sait de quoi je parle.

Le Sud arrive en force et pas qu’au Tournoi des Six Nations.

En 1980, un an après sa création, le deuxième Pritzker était déjà attribué au mexicain Luis Barragan et je suis parfaitement certaine qu’avant 1994, vous ne saviez même pas que le Pritzker existait. Et encore…

Je mettrais ma main au feu aussi, que je suis sure que vous pensez à tort, que le Mexique se trouve en Amérique du Sud.

Quand j’ai appelé ce blog (sobrement comme d’aucuns ont voulu ironiser) Archi-Hebdo, des gens ont crié à l’affront. Moi, chilienne, Je m’appropriais en clin d’œil, le détournement d’une institution satyrique française sacrée. Et ici, on tolère mal un étranger qui s’exprime dans la langue de Molière sur des sujets français. On préfère lui compter les fautes d’orthographe, quand la plupart sont incapables de prononcer cheeseburger correctement à la caisse du Mac Do, première chaîne de restauration, au pays de la gastronomie, derrière KFC… Et pour avoir le parcours d’Aravena, enseigner à Harvard et intégrer le jury du Pritzker, l’anglais technique de l’architecturale et le courant, il faut le maîtriser.

Pourtant de la caricature politique j’en ai fait chez moi, avant même de vouloir devenir architecte et j’ai la satyre qui coule sur mes veines, car rien n’est plus réel que le rire pour survivre. Lectrice assidue de Charlie et voulant préserver cet esprit libre pensant et revendiquer le droit de rire, mon blog a vu le jour en janvier 2015.

Mais je ne suis pas là pour parler de moi, mais de celui qui me donne l’espoir qu’un jour aussi je serais à la tête d’une agence qui verrait son œuvre récompensée par un Pritzker. Ou du moins par un prix ARVHA…

Archi Hebdo est un blog destiné à diffuser par l’humour et l’extraordinaire, notre métier, qui comme la créativité, se passe de nationalités. Comme le Pritzker.

Et il est écrit en grande partie par une Expat chilienne qui exerce l’architecture en France, par choix, par plaisir.

Pas par contrainte ni besoin.

Ça aide à garder un droit d’avis, qui se passe de rancunes, de frustrations et de fiertés mal placés.

Il y a dans le monde, de plus en plus de professionnels de l’architecture performants en maîtrise de trois langues et plus, y compris techniquement et architecturalement, et non pas avec un globish approximatif. Souvent en France ces gens font l’objet de mépris et d’intolérance.

Les commentaires sur Aravena en France font état médiatique, de ce qui se passe tous les jours à toute échelle : La France s’adapte mal, très mal même, à la mondialisation.

Pourtant, les résidents étrangers pratiquant de droit l’architecture en France, ont moins de marge d’erreur. On est suivis de près, guettant la faille et quand on crie à l’intolérance pour qu’on nous laisse nous concentrer, on nous sort vite :

« Si t’es pas content, t’as qu’à rentrer chez toi ».

Comme si notre existence en tant que professionnels de l’architecture ayant choisit de travailler ici, dépendait de l’avis de n’importe quel français. Je ne donne même pas le droit d’objecter la pertinence de ma présence à Claude Guéant, alors à des gens quidam… Encore moins.

Combien des fois j’ai rendu un dossier complet et satisfaisant, appelé une mairie du sud de la France, qu’on sait très aimante des accents étrangers, ou démarche un client, sans qu’on me dise « mais vous avez un accent » pour ensuite s’enquérir sur où, comment, pourquoi et quand, j’avais fait mes études en France, histoire de vérifier si j’avais les qualités requises pour le job et au passage, savoir si je représentais une menace en termes de compétitivité par rapport à un enfant du pays et au passage savoir si je comptais rester longtemps. Et après tout ce temps perdu, je pouvais enfin me mettre au boulot.

Il m’est même arrivé d’être soupçonnée un jour chez l’ancienne designer lumière d’un Pritzker français, d’endommager le matériel informatique, c’est dire si les gens sont méfiants et… Racistes, envers un architecte étranger en France.

(Alors que je passais mon temps à leur rappeler qu’il fallait cocher sur Autocad la commande dessiner dans l’espace Z)

La navrante tentative de tacher l’exploit d’Aravena, représente ce que je vis presque au quotidien.

Ou du moins ça me fait un drôle de transfert et me donne une folle envie pas du tout impartiale de le défendre.

Alors c’est quoi votre problème, au final, avec Aravena ? Vous avez rapidement jeté un œil à ce que la presse, Dezeen et Archidaily vous avaient prédigéré en quelques lignes sur le sujet ?

Ou vous avez eu la malchance de lire en premier les lamentables critiques du Courrier de l’Architecte ? (Je ne sait pas de quel architecte viennent ces courriers, ou quel architecte ils entendent représenter, en tout cas, ça fait bien longtemps que mon intérêt n’habite pas à l’adresse indiquée…

Ma réponse aujourd’hui, à ces courriers de l’architecte serait sûrement quelque chose d’émotif et tragi-comique:

Cher Architecte à la prose chargée comme un San Antonio :

ça vous a énervé, de ne pas être dans la confidence de ceux qui comptent, qui savent qui est en lice pour le prix Pritzker ou au commissariat de la Biennale de Venise? Y avait-il seulement des français dans la course, pour que vous vous croyiez en droit de critiquer le gagnant latino-américain?

Pourquoi tant de haine et de jalousie ?

C’est quoi ces analyses et raccourcis faciles sur un sujet, élaboré de toute évidence, à base d’usage intensif de Google recherche ?

Au moins vous aurez appris a écrire Aravena correctement. C’est déjà ça. Encore que je ne suis même pas sure que vous sachiez le prononcer correctement, trop de RRR, trop De JJJ et trop de… Jalousie.

Sauf votre respect. Et celui ci viendra quand vous apprendrez à respecter et connaitre le travail d’architectes qui ignorent votre existence et dont vous parlez comme si vous les connaissiez. Mal, comme si vous les connaissiez mal.

Concernant mon confrère et compatriote, je crois que même moi qui affiche souvent et depuis longtemps des posts sur lui, n’oserais m’aventurer à décrypter le phénomène, sans respect, alors vous franchement, qui n’y connaissez rien, occupez vous à produire des écrits plus inspirateurs, histoire de stimuler votre patrie architecturale meurtrie, pour qu’elle vous fasse des beaux petits Pritzker, pour que vous puissiez leur écrire des beaux courriers.

Y en a peut être qu’y seraient parvenus, entre tous les jeunes et prometteurs archis perdus, et ceux qui restent, de la génération Bataclan…

Vos plus talentueux jeunes architectes français, Aravena les a invité à Venise, en la personne des AJAP 14. Il fait donc plus pour la jeune génération française d’architectes, que vos petits billets mesquins, pensez-y la prochaine fois que vous taperez Aravena sur votre moteur de recherche.

Irez vous jusqu’à dénoncer le dirty business à la sauce FIFA-Platini, en espérant que le prix lui soit retiré et qu’on le donne… à qui, à l’un de vous?

Y aurait eu de la « Main de Dieu à la Maradona, aussi dans le Pritzker ?

(Oui, les chiliens aiment le foot, mais pas que).

Vous savez, à force de vouloir déterrer le linge sale d’autrui, on découvre aussi le notre, dans la machine à laver d’à côté, vous n’êtes pas au courant? Crise oblige, on est tous obligés d’aller à la laverie.

Mais c’est bizarre, on dirait que pour vous le Chili n’existe pas et qu’on surgit de nulle part pour rafler des prix qui nous seraient pas destinés… Pourtant, on est partout et depuis très longtemps.On a pas attendu une dictature pour voyager, se former et être des personnes cultivées. Des gens capables et performantes, d’ailleurs, ont toute sorte d’origines.

Dans votre Ministère de Finances, et de la maman chilienne de votre Ministre de la Santé, jusqu’aux victimes du 13 novembre. Et même, dans les plus férus défenseurs de la laïcité, de ceux qui font école et jurisprudence. (tapez maintenant affaire de la crèche Babyloup, vous verrez).

Alors, pensez vous que dans la course au Pritzker, on est si différents, les français et les chiliens, qu’il faut crier au favoritisme et à l’arnaque ?

Vous savez comment ça s’appelle quand on soupçonne toujours un truc louche chez l’étranger qui nous prend quelque chose qu’on convoitait (de droit ou par délire)? Appelez un chat un chat, cela s’appelle au mieux du chauvinisme et du racisme ordinaire, au pire… de l’intolérance xénophobe.

Les chiliens sont une communauté discrète, (sauf quand on écoute de la cumbia), jusqu’à ce qu’on nous remarque par nos victoires. Nul besoin avant de triompher ou de réussir, de brasser de l’air pour faire semblant jusqu’à ce qu’on y arrive. Du moins on essaye.

Pas besoin pour nous, d’avoir un service juridique béton pour contester les résultats des attributions de marchés et concours ou pour tuer le #badbuzz à coup d’articles pleurnicheurs dans la presse non plus. (Vous voyez de qui je parle non?)

Encore moins besoin de se servir du succès des autres pour le critiquer et faire parler de soi.

Qu’on le veuille ou pas, le Chili retrouve enfin depuis dix ans, le devant de la scène culturale, économique et de développement, qui lui avait été violemment volée par la Dictature.

Surtout, elle retrouve sa liberté de créer et de proposer des solutions pour le mal logement et le développement durable à échelle mondiale.

Sachez seulement que quand vous accusez un chilien de servir des intérêts privés liés à une ressource exploitable, ne vous étonnez pas qu’on vous prenne pour un simplet maladroit, ou alors pour un ignare tonitruant de l’histoire et du contexte.

Quand on veut prendre aux chiliens du minerai ou de la ressource, on sait comment ça finit et on sait avec quel panache extraordinaire on s’en sort.

Tout ça pour dire, que, architectes français de souche, je ne sait plus qui vous êtes, en tout cas, pas des dignes « perdants » qui saluent l’exploit d’un autre confrère et qui sont déjà retournés bosser pour prétendre au titre l’année prochaine.

Breaking news, il n’y a pas de perdants du prix Pritzker, ce n’est pas un appel d’offre ni un concours !!

Je ne sait pas non-plus si ça vous plairait que l’appel d’offre du mémorial des victimes du 13 novembre soit emporté par un lauréat étranger, sans que vous ayez des envies de devenir des Frigides Barjots de la défense du Patrimoine Français Faites gaffe, à côté dans le défilé, vous risquez de croiser la présidente de région qui vous demandera des toitures mansardées.

J’ai envie surtout, car j’en connaît pas mal, de dire aux architectes français qui s’exilent au Chili, par manque d’opportunités professionnelles en France (en gros, des immigrés qu’il faut accueillir et nourrir, embaucher, loger, qui se marient avec nos jeunes, à qui on donne la nationalité…la totale), de rentrer chez eux.

D’arrêter de faire pour le Chili ces jobs d’architecture, ingénierie et BTP, pour lesquels on est plus (mais vraiment plus) que qualifiés et preneurs. Je leur dirait, de rentrer leur expatriés de petites fesses OTAN friendly estampillés Schengen, en France.

Mais juste de rentrer pour les vacances et les fêtes!

Histoire de raconter à ces ignorants en masse, comment c’est, le Chili et comment on y accueille l’ami quand il vient d’ailleurs.

Et de rentrer vite au Chili, là ou se font  et se forment les Pritzker du futur et où pour l’instant, les seuls dangers sont les tremblements de terre et les tsunamis ! Car chez nous, on a non seulement pas peur de la compétition, mais en plus on la cherche et on la gagne. Paraît que ça stimule le talent. 

Je dirais donc à tous ceux qui veulent travailler au Chili, qui risquent de se multiplier, vu comme on est bons, d’aller vite chercher refuge près de notre cordillère, ou on peut skier été comme hiver et ou l’architecture coule à flots.

Si un jour je gagne quelque chose de plus notoire qu’un concours d’architecture en haute montagne et développement durable, que j’ai emporté en 2013, en France, (normal, le Chili est l’autre pays du ski), pour vous il sera facile d’expliquer mon succès vu mes études d’archi faites en France. Nuance.

Moi je dirai juste que je suis chilienne, architecte et que j’ai réussit, malgré la France, car elle n’est pas seulement faite de bonnes écoles, elle est aussi faite d’intolérance par le talent venu d’ailleurs.

Aravena est le représentant, pour beaucoup de raisons, du renouveau dans l’architecture mondiale et ce renouveau se fera avec, ou sans la France. #Nowness

( qui apparemment préfère se retrancher et pester contre les winners). #lose

En conclusion, #VivaChileCTM ! Et allez pas chercher ça sur Google trad. Aravena est Pritzker 2016, il est au TOP de son game et il n’y a rien que vous puissiez faire. De ce prix et ses retombées, vous n’aurez même pas un COPEC.

En vous remerkiant.

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